Un pic pétrolier désigne le sommet de la courbe qui caractérise la production pétrolière d'un puits ou d'un champ pétrolier ; par extension le « pic pétrolier mondial » (abrégé en Peak Oil en anglais) désigne le moment où la production mondiale de pétrole plafonnera puis commencera à décliner du fait de l'épuisement des réserves de pétrole exploitables.
À la fin des années 1990 plusieurs professionnels du monde du pétrole, fondateurs de ASPO, s'appuyant notamment sur les travaux de Hubbert, constatent que les réserves des gisements découverts chaque année depuis les années 1970 représentent un volume de pétrole inférieur à la production annuelle. Extrapolant la date à laquelle la production mondiale de pétrole déclinerait, ils tentent d'alerter responsables politiques et pouvoirs publics sur la survenue prochaine du pic pétrolier mondial. La majorité des acteurs du secteur, notamment les compagnies pétrolières et l'AIE, ont réfuté le phénomène en argumentant que les avancées techniques permettraient dans le futur une meilleure récupération du pétrole des gisements existants et l'exploitation de nouvelles sources d'hydrocarbures telles que les sables bitumineux ou l'offshore profond. À l'appui de cette thèse, ils soulignent que les réserves de pétrole disponibles s'étaient jusque là maintenues à quarante fois la consommation annuelle.
La production de pétrole, tirée par la consommation, a augmenté régulièrement au cours des décennies passées. De 1997 à 2007, la consommation annuelle de pétrole a augmenté de 12 %. Elle est passée de 3480 à 3906 millions de tonnes (soit de 72,2 à 81,5 millions de barils par jour). L'envolée du prix du pétrole en 2008 interrompue par la crise économique a contribué à un revirement d'une fraction significative des spécialistes et dirigeants du secteur pétrolier. Ceux-ci reconnaissent que le déclin de la production de pétrole est un phénomène inéluctable.